Brahim El Mazned : la culture comme outil d’épanouissement

by Wissal FARIS 0

Directeur artistique du festival Timitar d’Agadir et de l’événement Afrique en Capitale de Rabat, Brahim El Mazned est également fondateur de Visa For Music. C’est entre deux avions que nous avons interrogé ce jeune homme engagé à 100% envers la culture.

– La culture est au cœur de vos préoccupations. Pourquoi un tel engagement?
Plus qu’une condition pour l’épanouissement d’une société, la culture est une nécessité au même titre que l’éducation et la santé. Une société où la communauté est épanouie sur le plan culturel est une société où règne la paix sociale. En effet, la culture permet à la communauté d’occuper l’espace public. Elle est aussi un barrage contre le conservatisme, voire, contre l’obscurantisme.
Malheureusement, le quotidien se réduit souvent à travailler, manger, dormir et éventuellement regarder la télévision, ce qui limite énormément les perspectives. Très peu de jeunes pratiquent une activité artistique (théâtre, musique ou danse,…) qui amène les uns et les autres à travailler ensemble et les différentes communautés à partager des moments de bonheur.

– Quel regard portez-vous sur les moyens accordés aux événements culturels, à la culture en général, au Maroc ? 
Au Maroc, la réalité est partagée. Quelques structures ou évènements culturels majeurs qui suscitent l’intérêt des médias et du grand public dans les grandes villes parviennent toujours à obtenir des moyens financiers, mais d’autres manifestations, souvent dans les petites villes ou les villes moyennes, ont du mal à s’en sortir.
Le budget alloué au Ministère de la Culture (0,25% du budget de l’Etat en 2016) ne lui permet pas de répondre à toutes les nécessités. J’espère que ce budget atteindra un jour 1% mais s’il était augmenté jusqu’à 0,5% à l’avenir, le gouvernement serait en mesure de répondre aux attentes des artistes et du public notamment dans les petites et moyennes villes. Ce qui est très déplorable, c’est que la majorité des collectivités territoriales n’a aucun plan d’action culturel. Les élus ont une responsabilité énorme pour donner aux événements culturels les moyens d’exister.

– Vous avez créé Visa for Music. Quel est l’objectif de cet événement.
On assiste aujourd’hui à une prise de conscience quant au rôle essentiel des industries culturelles dans le développement économique. Visa For Music contribue à ce débat en mettant sous les projecteurs les artistes marocains, africains et moyen-orientaux devant des professionnels venus du monde entier. Les retombées de ce marché sont jusqu’à présent très encourageantes. Cependant, ce projet reste fragile étant donné le faible soutien dont nous jouissons. Le Bureau Export de la Musique Marocaine est aussi un outil important qui permet d’accompagner les artistes pour aller sur de nouveaux territoires. A ce jour, une centaine d’artistes ont bénéficié de l’appui de cette jeune institution.

– Vous êtes aussi papa. Comment faites-vous pour transmettre votre passion pour la culture à vos enfants ?
Mes enfants grandissent avec une maman et un papa passionnés par les arts et la culture tant nationale qu’universelle. Ils rencontrent beaucoup d’artistes, ils assistent à des spectacles et à des expositions,… Comme ils sont jeunes, ils sont très curieux. J’espère qu’ils alimenteront cette curiosité à l’avenir.

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