Yves Saint Laurent et le Maroc

by Wissal FARIS 0

En octobre dernier, la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent ouvrait tour à tour deux musées Yves Saint Laurent. Le premier à Paris, là où le styliste réalisait, présentait et vendait ses créations. Le second, à Marrakech, où il les dessinait. Ces deux inaugurations témoignent ainsi de l’amour que les deux hommes, tous deux décédés, portaient au Maroc. Avec sa salle d’exposition permanente de 400 m2, sa salle d’exposition temporaire ainsi que son auditorium et sa bibliothèque de 5.000 ouvrages, ce lieu est plus qu’un musée, il est un véritable centre culturel destiné à participer activement à la vie de Marrakech, renforçant encore le lien entre Yves Saint Laurent et cette ville qu’il a tant aimé.

 

 

Un jeune prodige
Dès qu’il arrive à manier le crayon, Yves Mathieu-Saint-Laurent se met à dessiner. L’art, la mode, les costumes de scène,… tout l’intéresse. Son destin est une telle évidence que sa mère l’encourage à quitter Oran pour Paris. Il s’inscrit à l’école de la Chambre syndicale de la haute couture et, présenté à Christian Dior, en 1955, est aussitôt engagé comme assistant. À la mort de ce dernier, deux ans plus tard, Yves Saint Laurent prend la direction artistique de la maison Dior. Sa première collection, dite Trapèze, présentée en janvier 1958, connaît un immense succès. Appelé à faire son service militaire et hospitalisé au Val de Grâce, il est licencié par la maison Christian Dior en 1960. Il décide alors, avec Pierre Bergé, de créer sa propre maison de couture, dont la première collection est présentée le 29 janvier 1962. Un autre succès, le voilà lancé.

 

Le génie et le culot   
Yves Saint Laurent sent l’air du temps. Il écoute les femmes et conçoit la garde-robe de la femme moderne : le caban et le trench-coat (1962), le premier smoking (1966), la saharienne et le premier tailleur-pantalon (1967), et le premier jumpsuit (1968)… En se servant des codes masculins, il apporte aux femmes l’assurance, l’audace et les symboles du pouvoir, tout en préservant leur féminité. En 1966, il va plus loin encore. Afin d’habiller toutes les femmes, et pas seulement les riches clientes, il crée Saint Laurent Rive Gauche, la première boutique de prêt-à-porter portant le nom d’un couturier, et ouvre ainsi la voie à ce qu’est la mode aujourd’hui. Chacune de ses collections est un nouvel enchantement et l’aboutissement de voyages imaginaires dans le temps et l’espace (Afrique noire, Russie, Espagne, Japon,…) ou d’hommages aux grands peintres.

 

Le Maroc, sa leçon de couleurs
Lorsque Yves Saint Laurent et Pierre Bergé découvrent le Maroc en 1966, c’est le coup de foudre. Ils auront plusieurs maisons à Tanger et Marrakech mais celle qu’ils garderont jusqu’à la fin de leurs jours est une grande demeure qui jouxte le Jardin Majorelle. Ils ont découvert l’ancien atelier de l’artiste, et son jardin, en piteux état. Ils lui redonnent toute sa splendeur, avant de l’ouvrir au public et installent, dans l’atelier, le Musée berbère. Yves Saint Laurent a toujours mentionné que le Maroc lui a appris la couleur. C’est là dans ce jardin, où il aimait passer au moins 15 jours deux fois par an, qu’il dessinait ses collections. C’est là aussi que reposent ses cendres. Tout à côté du nouveau Musée Yves Saint Laurent qui vient d’ouvrir le 13 octobre dernier, scellant définitivement le lien entre Yves Saint Laurent et cette ville aimée.

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