La bipolarité, c’est quoi au juste?

by Mélanie WILMS 0

Si on a souvent tendance à utiliser ce vocable pour décrire une personne à l’humeur changeante, soyons toutefois attentif à nos écarts de langage, le trouble bipolaire étant une maladie lourde des plus invalidantes. Pour en savoir un peu plus, nous sommes allés à la rencontre de Nadia Kousmate, consultante et psychothérapeute.

 

 

 

Une pathologie psychiatrique avérée
Impactant l’ensemble des aspects de la vie (familial, social, sentimental, professionnel) de la personne atteinte, la bipolarité touche, selon l’OMS, 2% de la population dans ses formes les plus graves. Ses troubles n’étant pas stables,  le débat reste ouvert quant à l’appartenance de la bipolarité, anciennement nommée psychose maniaco-dépressive, au registre des psychoses. Entre les poussées, la personne est tout à fait normale ce qui contribue à retarder l’établissement d’un diagnostic, que seul un psychiatre est habilité à poser.

Entre manie et dépression
Se caractérisant par l’alternance de phases d’extrême euphorie -phase maniaque- et de grand abattement -phase dépressive-, la maladie observe, entre les deux, des périodes de normothymie durant lesquelles la personne est d’humeur relativement stable et peut présenter une vie personnelle, sociale et psychologique régulière.
La phase maniaque se distingue par une extrême agitation, une hyperactivité, une perte d’inhibition, une euphorie pathologique, une logorrhée (besoin irrésistible de parler), et une envie furieuse de réaliser un millier de projets à la fois. A noter que c’est durant cette phase que le sujet se met en danger, notamment en surestimant ses forces, en prenant des risques inconsidérés ou en engageant des dépenses irréfléchies.
La phase dépressive est, quant à elle, le miroir inversé de la phase maniaque. La personne est alors triste, apathique, démotivée, abattue. Elle est sujette aux pleurs et, dans les cas extrêmes, présente des pulsions suicidaires.

Ca vient d’où?
Bien que la piste génétique soit fortement suspectée, la prévalence familiale de la bipolarité ayant été constatée, des hypothèses endocriniennes, neurobiologiques, et psychanalytiques ont également été évoquées. Notons en effet qu’avoir des parents bipolaires n’est pas une raison suffisante pour développer la pathologie.  Les premiers signes de la pathologie peuvent apparaître à tout âge avec toutefois 3 pics de fréquence  : l’adolescence, 25 ans et 40 ans. Ceux-ci sont souvent déclenchés par des événements de vie stressants. La consommation ou l’abus de substances (alcool, cannabis,…) et des troubles du rythme du sommeil et ce, à des âges de plus en plus précoces, pourraient également être des catalyseurs de la maladie. Il convient toutefois de rester prudent et ne pas confondre coïncidence dans le temps (individus fragiles ou vulnérables) et relation de cause à effet.

 

Des pistes de gestion du trouble … 
– Une double prise en charge : psychothérapeutique et médicamenteuse
– La mise en place d’une hygiène de vie optimale : Une activité non stressante, la pratique du sport, une alimentation saine (moins de sucre, de viande rouge), des cures d’oméga, un arrêt de la consommation de stimulants,… jouent sur l’évolution de la maladie
– Une attention accrue de la place qu’à la personne dans la famille et la société : L’aimer, l’accompagner et lui apporter du soutien peut améliorer sa qualité de vie et la protéger de l’isolement social et des tendances suicidaires.

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