Croire à l’avenir de mon couple ou abandonner?

by Wissal FARIS 0

Depuis deux ans, Nadia vit entre espoir et désespoir. Une troisième personne rode autour de son couple. Et tandis qu’elle essaie de sauver ce qui peut l’être, son mari tergiverse. Histoire d’un couple qui tangue entre rupture et réconciliation.

 

 

J’ai mis du temps avant de raconter cette partie de ma vie qui me fait honte. J’ai tellement envie de trancher mais chaque jour, un geste, une parole de mon mari me donne une raison d’espérer, alors je postpose ce qui, je le sais au fin fond de mon cœur, est inévitable, la fin de notre couple, à cause de «l’autre».

Je suis mariée depuis 16 ans bientôt mais cela fait 24 ans que nous nous connaissons. Nous nous sommes rencontrés à 15 et 16 ans, cela a été un coup de foudre réciproque et notre premier amour à tous les deux. Nous avons préféré terminer nos études avant de nous marier même si nous étions sûrs, bien avant, que nous étions faits l’un pour l’autre. Le mariage a été le début d’une vie heureuse et tranquille, remplie d’amour et de complicité avec de petites engueulades parfois, mais rien de grave. L’arrivée de notre garçon puis de nos deux filles a consolidé nos liens, enfin je le croyais. Je veillais à concilier vie professionnelle et vie de famille. Et pour casser un peu le train-train quotidien, j’organisais régulièrement des dîners chez nous, notamment avec ma meilleure amie et son mari.

Premières interrogations
Il y a 4 ans. Coup de massue. En voulant lui donner son téléphone qui sonnait, j’ai machinalement regardé le nom du correspondant. Les initiales qui s’étaient affichées m’ont intriguée. Je ne sais pas ce qui m’a pris. J’ai coupé et recomposé le numéro. Une voix familière a répondu en lançant un langoureux «mon chéri». Pas de doute possible, les initiales correspondaient d’ailleurs parfaitement. Il s’agissait de ma meilleure amie. Comment avait-il pu faire cela?  En me voyant livide, mon mari m’en a demandé la raison. Je ne pouvais articuler le moindre mot, alors je lui ai tendu son téléphone. Il s’est d’abord montré choqué que je surveille ses communications et a commencé à se moquer de mes talents de détective. Puis, sur un ton furieux, il a ajouté que je devrais avoir honte de le soupçonner alors que mon amie et lui me préparaient en cachette une soirée d’anniversaire surprise. Enfin, il a quitté la pièce et a décidé de dormir dans la chambre d’ami. Toute la nuit, j’ai tourné et retourné la scène dans ma tête, jusqu’à remettre en question tout ce que j’avais entendu. Au petit matin, n’y tenant plus, je suis partie le supplier de revenir dans le lit conjugal. Il a accepté de me pardonner mais est resté distant. Durant le mois qui a suivi, lui qui détestait sortir, a commencé à prétexter des dîners entre collègues. Le doute me rongeait. J’ai pris l’habitude d’appeler mon amie lorsque mon mari était dehors. Elle était chez elle, à chaque fois. J’en ai donc conclu que je m’étais trompée mais le malaise s’était installé durablement dans notre couple. Aujourd’hui encore, je ne sais pas si mes soupçons étaient fondés ou non et est-ce que mon attitude a déclenché chez mon mari une envie d’avoir des aventures hors mariage. Je crois hélas, que je ne le saurai jamais. Les vacances sont arrivées et nous sommes partis en vacances en famille mais là aussi, je sentais qu’il n’était plus le même.

Aventure certaine
De retour de vacances, le travail a recommencé et, pour mon mari, les journées étaient particulièrement longues. Il s’était en effet inscrit à des cours du soir d’anglais. Il était le plus vieux de la classe, entouré de femmes et d’hommes tous plus jeunes que lui. Durant l’une de nos rares conversations (il y avait toujours ce mal-être entre nous), il se plaignait de la difficulté de combiner les deux. Heureusement pour lui, il a trouvé une oreille attentive, celle d’une jeune femme de 10 ans de moins que lui. Il lui a raconté notre vie, elle, la sienne avec un bébé de 18 mois et son couple qui battait de l’aile. Leurs bureaux respectifs n’étant pas très éloignés, ils ont commencé à déjeuner ensemble le midi, à prendre un verre après les cours (tout cela, je ne l’ai su que bien plus tard)… jusqu’au jour où ils se sont embrassés et, d’après elle, sont tombés amoureux.  C’est en février que j’ai appris toute leur histoire, dans les moindres détails, sur son blog où elle raconte sa vie quasi minute par minute. Il m’a en effet suffi de consulter 30 secondes sa page Facebook pour découvrir l’existence et l’adresse de ce blog. J’ai réussi à cacher tout ce que je savais durant 3 semaines, à dose de calmants. J’aurais sombré si ma mère ne m’avait pas supplié de lui raconter ce qui se passait. Sur ses conseils, j’ai alors annoncé à mon mari que j’étais au courant de tout, que c’était fini entre nous et que je voulais qu’il parte. Il s’est effondré, presque en larmes, me jurant qu’il n’avait pas de sentiment pour elle, juste de l’affection et de la pitié. Il a ajouté qu’il ne voulait pas me perdre, qu’il m’aimait. Et… je l’ai cru, je lui ai pardonné et nous avons repris le cours de notre vie. Nos vacances ont été inoubliables. Il était redevenu celui que j’avais épousé, charmant, attentif… jusqu’au mois de novembre où j’ai vu qu’il rechangeait d’attitude. Un mur de silence nous séparait à nouveau, fini les câlins, bonjour les pannes au lit…

Deuxième round
Naturellement, je suis retournée sur le blog “de l’autre” que je ne surveillais plus que très distraitement et je me suis aperçue qu’au début du mois de novembre, elle était allée en week-end à l’endroit exact où nous passons habituellement nos vacances et, étrange coïncidence, le week-end où mon mari était, soi-disant, parti avec son meilleur ami pour 3 jours de golf. Je lui ai parlé de cette étrange coïncidence, il est d’abord resté de marbre, arguant qu’il n’était au courant de rien. Ensuite, il est parti dans la chambre d’ami, en soulignant qu’il avait honte de savoir que je fouinais dans la vie des autres. J’ai passé la nuit en pleurs, bourrée de doutes. Avais-je pris la bonne décision en l’accusant? Je l’ai rejoint dans la nuit pour m’excuser. Cette fois, il a refusé de me pardonner et un mois plus tard, il m’annonçait qu’il cherchait un appartement, qu’il n’avait plus de sentiment d’amour pour moi, juste une grande et profonde affection. En attendant, il me demandait de cohabiter, sans rien dire aux enfants. J’étais anéantie. J’ai accepté sans dire un mot. Devant lui, je tâchais de faire bonne figure mais dès qu’il avait le dos tourné et que les enfants n’étaient pas là, je m’effondrais en pleurs.

Puis les tergiversations
Etonnamment, il s’est avéré que la cohabitation ne se passait pas si mal que ça. Il était plus détendu et moi aussi. Au fond de mon cœur, j’espérais qu’il ne partirait pas mais trois mois plus tard, il m’annonçait qu’il avait trouvé un logement. Il me jurait aussi qu’il n’y avait personne d’autre, qu’il avait juste besoin d’air, de liberté et que, sans doute, ce serait une parenthèse avant de revenir à la maison. La preuve : avant d’emménager, il partait d’abord une semaine à bord d’un voilier avec un collègue et sa femme. Naïvement, je l’ai cru. Quelle imbécile. Il a suffi que je lise le blog “de l’autre” pour que j’apprenne qu’elle partait avec eux. Tout y était consigné : le bateau, leur histoire et le fait qu’elle avait prêté à mon mari de quoi acheter les meubles de son appartement. Et pourtant, malgré la signature du bail, de retour de sa croisière, il est revenu à la maison. Il n’a pas passé une nuit hors de la maison jusqu’au début du mois d’octobre où il m’a avoué vouloir rester avec nous parce qu’il m’aimait. Et bien sûr, je voulais le croire. On a même refait l’amour (nous n’avions plus de rapport depuis un an). Il a sous-loué l’appartement et donné les meubles à mon petit frère… mais n’a pas coupé les ponts avec l’autre car, m’a-t-il dit, il devait encore régler les dernières mensualités des meubles. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’au mois dernier. Les appels de l’autre ont repris, elle envoyait des messages sans arrêt et lui, il répondait… Je sentais un horrible malaise qui s’est concrétisé par un nouveau coup de poignard. Un soir, il m’a envoyé un mail dans lequel il me disait qu’il avait essayé de revenir vers moi mais qu’il ne me porte plus l’amour que je mérite… qu’il ne savait plus quoi faire car il a tout pour être heureux et qu’il n’a rien à me reprocher. Me voilà plus perdue que jamais. Une partie de moi l’aime toujours et une autre partie me dit de mettre fin à cette histoire qui devient plus une souffrance qu’autre chose… mais j’ai tellement peur de le perdre et je n’ai pas la force d’être celle qui coupera définitivement le cordon qui nous unit. Parfois je me dis qu’il avait tout pour partir : le logement, les meubles et l’autre qui ne voulait pas le lâcher, ce qui veut dire qu’il m’aime toujours. Parfois, je me dis qu’il est trop lâche pour me quitter et qu’il veut que je porte la responsabilité de notre divorce. Je ne sais pas comment notre couple finira mais je suis convaincue d’une chose : ce sera à moi de trancher.

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