La rougeole : une maladie à prendre au sérieux!

by Mélanie WILMS 0

Rubéole, rougeole, oreillons, si on a tous probablement entendu parler de ce trio de maladies infantiles, on a toutefois du mal à savoir exactement de quoi il s’agit ou comment les différencier. Avec le docteur Kaouthar Razzouki, pédiatre, on débute ici la série en faisant le point sur la rougeole qui s’avère très grave et extrêmement contagieuse.

 

 

 

Une prévention essentielle
Affection due à un virus de la famille des paramyxoviridae (propres à l’être humain), la rougeole touche principalement les enfants de 5 ans au moins non vaccinés et les jeunes adultes non ou incomplètement vaccinés. Si dans de nombreuses régions du monde, la couverture vaccinale fait que la rougeole ne représente plus une menace pandémique, dans les pays où les taux de vaccination sont faibles, elle demeure une importante cause de mortalité. A noter que la maladie survient en outre chez les nourrissons (<1an) en cas de malnutrition, de carence en vitamine A, de surpeuplement ou de mauvaises conditions d’hygiène.
Selon l’OMS, grâce à la vaccination antirougeoleuse, les décès ont, dans le monde, chuté de 84% entre 2000 et 2016. Au Maroc, que l’enfant soit traité dans le secteur public ou privé, il sera obligatoirement vacciné par administration de deux doses, l’une à 12 mois, la seconde entre 16 et 18 mois.

Une vigilance accrue
Maladie virale extrêmement contagieuse, la rougeole se transmet par voie aérienne, via de minuscules gouttelettes produites par le sujet infecté lorsqu’il respire, tousse ou éternue. La contamination peut être directe, après inhalation, ou indirecte, après contact des mains avec une surface contaminée par des secrétions. D’où l’importance de respecter et d’inculquer qu’il faut se couvrir de ses mains ou d’un mouchoir en cas de toux ou d’éternuement ainsi que se laver régulièrement les mains pour limiter un peu sa propagation, comme celle de toutes autres maladies virales d’ailleurs.

Symptômes et signes de gravité
Une fois le virus introduit, le temps d’incubation peut varier de 8 à 15 jours,  les patients étant alors contagieux 2 à 4 jours avant le rash cutané (éruption) et 4 jours après. Les manifestations de la maladie débutent par l’apparition de fièvre pendant 2 à 4 jours (supérieure à 38°C), de toux, d’un écoulement nasal et/ou de larmoiements et de fatigue. Survient alors l’éruption cutanée de taches rouges derrière les oreilles et à la racine des cheveux confluant ensuite afin de former de grandes plaques qui régresseront au bout de 5 jours. A noter que l’éruption n’est pas douloureuse et ne provoque habituellement pas de démangeaisons. Pouvant se limiter là, la maladie peut se compliquer en s’associant à d’autres atteintes (otite moyenne aiguë, pneumonie, diarrhée, état d’immunodépression transitoire, encéphalite), et avoir de lourdes conséquences comme la cécité voire même le décès.

 

Signe distinctif de la maladie : le signe de Köplik est une tache blanchâtre à l’intérieur des joues, en face des molaires.

 

En pratique!  

– Ne pas dramatiser dès les premiers signes mais demeurer vigilant.
– Ne pas hésiter à se diriger vers les urgences d’un hôpital en cas d’incapacité de boire, de déshydratation-malnutrition, de léthargie, de convulsions, de respiration faible, voire très difficile ou encore d’opacité de la cornée.
– Ne pas opter pour un traitement antiviral spécifique, administrer paracétamol et vitamine A.
– Ne pas prendre d’ibuprofène ni d’acide acétylsalicylique (Aspégic).
– Veiller à une bonne réhydratation et à une désobstruction nasale à l’eau de mer
– Isoler l’enfant, particulièrement des enfants en bas âge.

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