l’autonomisation, une source d’angoisse?

by Mélanie WILMS 0

Non seulement le développement d’une autonomie affective chez les bambins recèle parfois quelques difficultés, il peut en outre susciter de l’inquiétude chez les petits mais aussi chez les grands. Avec Kenza Jai Hokimi, psychothérapeute et master coach certifiée en neurosciences motivationnelles et scolaires, on tente de déterminer comment les appréhender.

 

 

 

 

Des interactions essentielles  
La conquête de l’autonomie psychique de l’enfant débute avec les personnes avec lesquels il entretient un lien affectif fort, souvent ses parents, sa mère, en particulier. Son identité et sa future indépendance, c’est en lien étroit avec ses référents que l’enfant les construira. Tout en cultivant les sentiments et les émotions positives chez l’enfant, ses référents auront pour tâche de donner, par moments, de l’espace en suffisance, en s’assurant, durant d’autres périodes, de poser une hiérarchie claire et explicite afin de dresser des limites solides, pourvoyeuses de sens.

Un adulte en devenir
Véritable caution d’un développement harmonieux, l’acquisition de l’autonomie dépend du système d’éducation. Ainsi, un enfant ayant reçu une éducation où ses besoins et ses émotions sont respectés, deviendra plus aisément un adulte heureux, capable d’aimer et plus encore, autonome sur le plan affectif. Il aura aussi plus de facilités à établir des relations positives. Au contraire, un enfant ignoré, étouffé dans sa liberté et rejeté dans l’élaboration dans son autonomie, verra sa vie d’adulte indubitablement marquée par une faible estime de soi et une incapacité à la gestion de ses émotions. Enfin, soulignons que le manque d’autonomie peut être un facteur déclencheur de comportements déviants comme l’échec scolaire et la dépression.

Des peurs à maîtriser
Même si l’importance d’une autonomisation progressive est comprise par les parents, ce processus peut malgré tout susciter quelques craintes de part et d’autres. Ainsi, en tant que parent, il convient d’être conscient que la plupart des enfants connaissent des périodes de peurs et d’angoisses lorsqu’ils développent de nouvelles compétences. L’accompagnement des parents est alors fondamental. Aider l’enfant à accueillir avec bienveillance cette peur, lui fournira l’énergie nécessaire pour contrecarrer ses craintes. Notons qu’il est impératif d’attendre que l’enfant exprime ses besoins ou son opposition sans les anticiper, au risque de nuire au développement de sa personnalité. Avec la présence sécuritaire des parents, l’enfant apprendra par lui-même, en faisant appel, si nécessaire, à sa capacité d’adaptation. C’est ainsi qu’il appréciera le principe d’autonomie et y puisera une perception de soi et une sécurité intérieure.

 

Stop aux angoisses et à la surprotection !
– Acceptez de lâcher prise, quitte à vous faire accompagner si besoin est.
–  Non aux «parents-hélicoptères» volant au secours de leur enfant et solutionnant tous leurs problèmes.
– Laissez l’enfant faire par lui-même.
–  Gardez en tête que la surprotection peut former de vraies barrières au développement de l’enfant telles que : peu de résistance à la frustration, une estime de soi bafouée, une faible capacité à décider, un relationnel restreint, un manque de confiance en soi, un retard dans l’autonomie.

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