L’autonomie à l’heure de l’adolescence

by Mélanie WILMS 0

S’il est avéré que le processus d’autonomisation de l’enfant commence dès son plus jeune âge, à l’adolescence, de nouveaux désirs d’indépendance peuvent faire surface. Avec le docteur Imane Benhima, pédopsychiatre, on tente de savoir comment faire face à cette période délicate.

 

 

 

Une période de transition
Etape importante et naturelle de la vie de l’enfant, l’adolescence le poussera bien souvent à se poser des questions et à tenter ses propres expériences. D’un point de vue relationnel, le jeune, à cette époque, ressentira le besoin de passer d’un état de dépendance vis-à-vis de ses parents à une autonomie sociale et affective. Il prendra ainsi de la distance avec ses parents mais aussi avec les normes et les valeurs familiales, tout en s’identifiant davantage à ses pairs. Ces modifications sur le plan relationnel donnent souvent lieu à des conflits de générations.
Un juste milieu à trouver
Le processus d’autonomisation de l’adolescent peut être largement influencé par le mode éducationnel choisi par ses parents. Globalement, il en existe trois, tous s’articulant autour de deux dimensions : l’expression de l’affection et l’exercice du contrôle. La première a trait à l’attachement émotionnel entre les parents et l’enfant; la seconde, à l’apprentissage du respect des règles et à l’intégration sociale. Parmi les 3 modes éducationnels, le modéré est largement plébiscité par les études. Celui-ci serait associé à un meilleur apprentissage de l’autonomie chez l’adolescent, parce qu’il favorise l’estime de soi. Il réduirait, en outre, les troubles du comportement et les confrontations inutiles.

 

1er style – Autoritaire
Ce mode d’éducation renvoie à un système éducationnel conservateur où les parents optent pour un usage coercitif de la punition comme moyen de contrôle. Ils sont peu axés sur l’expression de l’affection par les gestes ou les mots de réconforts. La discussion n’étant pas ouverte, l’adolescent prend l’habitude de se référer à l’autorité parentale ce qui pourra par la suite en faire un adulte dépendant.

2ème style – Permissif
Les parents encouragent ici le jeune à prendre le chemin d’une autonomisation précoce. Assorti à un manque de règles et de limites, le pouvoir de décision prématuré peut s’avérer difficile à gérer pour l’adolescent. A cette période de sa vie, il a encore besoin d’un cadre structurant lui permettant d’intégrer les respects des règles et des autres, essentiel à la vie en société.

 3ème style – Modéré
Aussi désigné comme démocratique, ce mode éducationnel encourage l’adolescent à une autonomisation progressive. Ici, l’expression de l’affection est chaleureuse et les rapports sont empreints d’empathie. L’exercice du contrôle passe par des règles flexibles et raisonnables. Jouissant d’une certaine liberté de s’exprimer et d’échanger dans les domaines qui le concerne (heure du coucher, réseaux sociaux, sorties, activités parascolaires,…), l’adolescent apprend, au fur et à mesure, à penser par lui-même.

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