Parents/grands-parents, complices ou rivaux?

by Wissal FARIS 0

Les grands-parents d’aujourd’hui n’ont rien des grands-parents d’hier. Ils sont plus jeunes, plus dynamiques, parfois même encore actifs. Et ils sont de plus en plus sollicités, que ce soit pour garder leurs petits-enfants, mais aussi pour partager leurs conseils, leur expérience, voire soutenir financièrement leurs enfants. Qu’est-ce que ça change? Sont-ils plus complices ou plus rivaux qu’autrefois? Petit tour de la question.

 

 

Egoïstes, les grands-parents d’aujourd’hui?

Passionnés par leur boulot, absorbés par leur cours de yoga ou en partance pour une destination lointaine,… les grands-parents d’aujourd’hui ont souvent un emploi du temps bien chargé. Au point d’avoir parfois du mal à y caser un mercredi avec leurs petits-enfants ou un week-end de baby-sitting. Égoïsme ou désir légitime de profiter de leur liberté?

 

Nadia, fringante grand-mère de 63 ans, assume sans complexe de ne pas être dévouée corps et âme à sa petite fille de 4 ans : «Je l’aime, bien sûr. J’ai accompagné ma fille durant toute sa grossesse et je ne cesse de lui donner des conseils. J’ai adoré l’élever ainsi que ses frères, mais aujourd’hui, c’est à son tour d’éduquer sa fille. Il me reste environ 10 ans pour faire toutes ces choses laissées entre parenthèses en raison des enfants. Je veux pouvoir partir à Paris avec mon mari sur un coup de tête sans avoir à me demander si je garde ma petite-fille ce week-end-là.» Il est vrai qu’une génération plus tôt, les grands-mères ne parlaient pas ainsi mais elles n’avaient pas non plus les possibilités qui s’offrent à elles de profiter pleinement de leur vie!

Des rôles qui ont changé
Pour les sociologues, il n’y a pas que la vie des grands-parents qui a évolué, il y a aussi la société tout entière, ainsi que la situation économique des parents. Les grands-parents sont de plus en plus sollicités. On leur demande aujourd’hui de remplir plusieurs rôles : celui de garde d’enfants (car bien souvent les deux parents travaillent), de soutien financier, voire social lorsque certains adolescents se réfugient chez eux parce que la situation à la maison est trop tendue. N’est-ce pas beaucoup demander à des épaules parfois vieillissantes, d’autant que certains travaillent encore ou viennent de prendre leur retraite et ont peut-être le droit de penser aussi à eux.

La nécessaire prise de responsabilités
Nadia, 55 ans, se sent piégée depuis que sa fille a accouché d’une charmante petite Mounia. Alors que de belles perspectives d’évolution de carrière s’offrent enfin à elle, celle-ci est régulièrement sollicitée pour la garder. «Je me sens épuisée et j’avoue ne pas avoir la patience que j’avais autrefois. Ma fille ne voit pas ou ne veut pas voir ma fatigue. Et comment oser lui dire non, alors que je sens qu’elle aussi n’arrive pas à conjuguer une vie professionnelle exigeante et les besoins de cette magnifique petite puce.» S’il est légitime d’attendre un coup de main de la part des grands-parents, s’installer durablement dans la demande ne traduit-il pas aussi le maintien d’une position infantile qui fausse, de fait, la relation parents-enfants. Les «Tanguy» d’hier ont eu des enfants et leurs parents doivent-ils accepter de se laisser enfermer dans un nouveau réseau de contraintes et d’obligations? Certains l’ont refusé et ce n’est pas toujours facile à digérer. C’est notamment le cas pour Zineb, 32 ans : «Quand ils sont arrivés à la maternité pour la naissance de Mehdi, mes parents se sont extasiés sur mon bébé, tout en me prévenant, dans la foulée, qu’ils n’avaient pas l’intention de s’en occuper tous les week-ends ou à chaque période de vacances. Dur, dur à entendre Rappelons que la maternité constitue un passage extrêmement délicat. Cela donne une responsabilité qui peut être vécue comme écrasante. D’où, souvent, la tentation de se tourner vers sa mère, pour que cette dernière lui redonne confiance et l’aide à voler de ses propres ailes. Et si les relations mères-filles ont été difficiles, le refus de la grand-mère d’aider la jeune maman peut être plus dur encore à accepter, voire être ressenti comme un abandon.

 

Trouver un juste milieu
La solution. Meryem, maman de trois enfants de 3, 6 et 8 ans, en a trouvé une. «Mes enfants mangent chez ma mère tous les mercredis et le samedi matin je les lui dépose avec leur nounou. Elle est disponible, de bonne humeur, les enfants attendent ce moment avec impatience. Mais hors de question de les déposer un autre jour car elle a ses amies, ses séances de sport et de bridge. Chacun est à sa place, dans un temps donné, le contrat est clair, surtout depuis qu’elle n’a plus de femme de ménage à temps complet.» Etablir verbalement un contrat, qui respecte au plus près les besoins de chacun, est sans doute la manière la plus adulte et la plus profitable de créer de nouveaux liens familiaux, bénéfiques à tous!

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