Pourquoi on ne prend pas du temps pour nous?

by Wissal FARIS 0

On le sait, on l’expérimente au quotidien : une femme qui a 10 vies en une. Professionnelle, familiale, amoureuse, amicale, culturelle, sportive,… On a envie de tout mener de front, or, le temps manque. Oui mais,… les hommes aussi ont plusieurs vies et ils sont moins nombreux à se plaindre du manque de temps. Qu’est-ce qui empêche beaucoup de femmes de prendre du temps pour elles? Le savoir, c’est déjà un grand pas pour décélérer et respirer!

 

D’après une enquête menée en 2017 dans 22 pays, les femmes disposent de 19 heures de temps libre par semaine, contre 22 heures pour les hommes. Et 69% de ce temps est consacré aux enfants.

 

La culpabilité féminine
Il faut le reconnaître, nous sommes les premières à penser que nous n’en faisons jamais assez. Oui mais, par rapport à quoi? À ce que nous croyons que l’on attend de nous. Bien des psychologues soulignent que le sentiment d’insuffisance parle surtout aux femmes : la femme, cette «incomplète», en quête inconsciente de ce «truc en plus» qu’elle n’aura jamais… À ces considérations freudiennes s’ajoute la pression sociale : sous de faux airs de féminisme, nos sociétés résonnent encore de siècles de voix leur conseillant d’apprendre à «choisir» ou à «renoncer». Renoncer à un boulot pour quoi? Pour qu’elles aient plus de temps pour elles? Plutôt pour s’occuper de leur enfants, de leur mari ou des parents ou beaux-parents vieillissants! Relativisons donc. Du temps, on en aura jamais assez  pour faire tout ce qu’on voudrait qu’on fasse. A l’heure où chacun travaille. Il faut bien qu’au sein du couple on partage aussi les tâches ménagères et familiales. Et arrêtons de culpabiliser ou s’autodévaloriser. On est comme on est. Il faut qu’on l’accepte et qu’on le fasse accepter aux autres.

Un esprit mégalo
Avouons-le, savoir faire ou être la seule bouée de sauvetage, nous rend fières et nous valorise à nos propres jeux. Heureuses d’aider les enfants dans les devoirs, de changer une roue et, depuis l’arrivée d’une célèbre marque d’ameublement, de monter nos meubles en kit. Et ce n’est pas fini.  Nous vivons à l’ère du do it yourself généralisé. Installer sa connexion Internet, imprimer ses photos, préparer ses vacances… Le propre de notre époque technologique et individualiste est d’avoir mis une multitude de compétences à la portée de chacun. Pourquoi déléguer, puisque on peux tout faire seul? Quel progrès, s’extasie la mégalomane qui est en nous. Certes, mais un progrès qui dévore notre temps. Ce temps précieux dont nous pourrions faire de si grandes choses!

Prendre le temps d’être plutôt que de toujours agir
Nous sommes arrivées à un point où nous vivons dans un rapport fusionnel à l’action, et c’est cela qui nous fait souffrir, car il nous manque ces espaces de vide et de transition indispensables pour subjectiver notre vie, être dans le ressenti, dans l’être, pour se sentir sujet de sa vie plutôt qu’objet ballotté de rendez-vous professionnels en shopping éreintant et autres activités au pas de course. Et pourquoi de pas embarquer aussi nos enfants dans ces moments de parenthèses à ne rien faire, juste être ensemble, se sentir être en famille. Le temps des vacances est justement le moment où jamais pour commencer!

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