Parents/grands-parents : assumer la rivalité

by La Rédaction 0

«Ils ne me grondent jamais, ils m’achètent ce que je veux,..» Quel parent n’a-t-il pas entendu ses mots sortir de la bouche de leur enfant. Disponibles, actifs, plus aisés financièrement… les grands-parents d’aujourd’hui ont tout pour rendre jaloux leurs enfants! Quelques conseils pour faire de ces rivaux des alliés.

 

Je fais à peu près les mêmes choses avec mes petits-enfants qu’hier avec mes enfants, mais en mieux!

 

Redistribuer les rôles
Pas facile pour les parents de «mettre les points sur les i»  en disant clairement : «On a besoin de vous, mais on va vous dire comment.» Une chose est sûre cependant, c’est bien aux parents de prendre de la distance et de faire savoir qu’on ne peut pas les traiter comme les frères et sœurs de leurs propres enfants. Najia, 58 ans, mère de 5 enfants et grand-mère d’autant de petits-enfants, avoue s’être beaucoup interrogée sur l’attitude à adopter. La méthode qu’elle a trouvé : «Etre une bonne grand-mère, c’est renoncer à la toute-puissance maternelle. Dès le départ, j’ai cherché à désamorcer la compétition avec ma fille, je l’ai aidée à oublier de dépasser sa mère.»

Jouer la complémentarité
Fixer des limites, donner des repères, c’est bien le rôle des parents, même s’ils passent par des épisodes peu gratifiants, par des périodes de doute ou de découragement. C’est ici que les grands-parents peuvent être un vrai soutien. Latefa, 62 ans, l’a compris lorsque sa fille, en difficulté avec son pré-ado, lui a ouvert son coeur. «Je prends le temps de féliciter ma fille, sans la juger. J’essaie aussi d’inviter régulièrement mon petit-fils à passer l’après-midi avec moi, cela permet à ma fille de se reposer et à moi, de rappeler à Younes que sa maman ne veut que son bien et qu’il devrait la ménager.»

Clarifier les règles aux enfants
«Chez mamie, la télé, c’est no limit!» Variantes possibles : le Nutella, l’argent de poche, l’heure du coucher… S’ils sentent que les ferments de la discorde sont présents, les enfants – surtout les adolescents – prennent un malin plaisir à s’immiscer dans les failles, comparer, appuyer là où ça fait mal et tirer profit des différends. Pour éviter malentendus et surenchères, les parents peuvent tenter un dialogue du type : «On sait que les choses se passent différemment chez tes grands-parents, et on est contents que tu apprécies les moments avec eux. Mais ici, c’est nous qui décidons.» Les grands-parents peuvent aussi aider les plus jeunes à comprendre que ce ne sont pas seulement les règles qui changent, mais aussi les adultes qui évoluent. «Je fais à peu près les mêmes choses avec mes petits-enfants qu’hier avec mes enfants, mais en mieux!, confie en riant Kawtar, 56 ans, parce qu’entre-temps, j’ai analysé mes erreurs. Et je le leur explique, pour qu’ils aient plus d’indulgence envers leurs parents…»

 

Penser à long terme
Tous les spécialistes de l’enfance le disent : la multiplication des figures d’autorité est bénéfique pour la formation psychique des plus jeunes. Des enfants confrontés à plusieurs types de fonctionnement ont toutes les chances d’être mieux armés pour la vie et plus ouverts aux autres. Les parents doivent réfléchir, non pas à l’instant donné, mais à un cycle de vie. L’enfant se transforme très vite et, pour produire sa propre individualité, il doit passer du temps avec ses grands-parents. Et puis, dans les histoires familiales chahutées par les séparations et les recompositions, les grands-parents représenteront toujours un pôle de stabilité et de sécurité affective. Un port d’attache, en somme, dont la permanence rassure.

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