Le complexe d’Electre : une traversée significative!

by Mélanie WILMS 0

Si sa résolution est inachevée, ce complexe peut participer à certaines altérations relationnelles et émotionnelles, Meryem Ayouch, psychothérapeute relationnelle, souligne qu’il n’est souvent qu’un paramètre faisant partie du faisceau de facteurs pouvant influencer nos relations futures. Pour aider à mieux le comprendre, on tente ici  d’en explorer quelques traits.

 

 

 

 

 

Le plus important des complexes, apparaissant vers l’âge de 3 ans, lors duquel se matérialise, en la personne du père, la rencontre du premier masculin de sa vie. Etant voué à disparaitre naturellement vers l’âge de 6-7 ans, il est caractérisé par l’élan presque obsessionnel de l’enfant envers son père. Ce dernier est un environnement solide et soutenant sur lequel la petite fille peut s’appuyer pour aller vers le monde. A ce stade déterminant de son développement, la petite fille a besoin de se sentir exister, d’être vue, reconnue, aimée, valorisée. Ce regard positif masculin, du père, porté sur elle participe fortement à la construction de sa personnalité, de sa féminité, de sa représentation du masculin, de son ouverture à ce dernier, ou encore au couple.

Un recadrage essentiel
Attention! La place de la mère est aussi importante dans la trilogie. Soutenir l’élan de sa fille vers son papa en toute sérénité – sans jalousie – avec un recadrage bienveillant permet à la petite fille d’intégrer la trilogie père, mère, fille. Accusant réception de cet élan de la part de sa fille, le père a, tout comme la mère, la responsabilité de le cadrer. En effet, il est important que la fille n’enregistre pas une illusion de relation de couple avec son papa. Le père avec beaucoup de bienveillance va stipuler à sa fille, qu’il la reconnait et qu’il l’aime mais qu’elle est sa fille et que sa femme, c’est sa maman. Ces distinctions successives et progressives vont préparer la petite fille au fait qu’elle rencontrera un autre masculin avec qui elle pourra entrer effectivement en relation de couple. Notons que poser l’interdit est adéquat mais qu’il convient d’accueillir toute découverte de la petite fille sur son sexe, son corps … avec bienveillance et non avec agressivité ou honte. Notons également que durant cette phase, l’image du couple que lui renvoie ses parents – couple aimant, affectueux ou au contraire distant ou querelleur –tend à impacter sa vision de la sécurité au sein de la relation matrimoniale.

Des altérations éventuelles
Bien qu’un Electre non résolu puisse concourir à l’apparition de troubles névrotiques, nous soulignons qu’il n’est jamais question de créer des relations de causalité stricte.  Si des altérations telles que la jalousie excessive, la possessivité envers l’homme, la difficulté à aimer ou à être aimée voire même la dépendance affective pouvant être observés, seul une réelle thérapie peut déplier et fluidifier au fur et à mesure la problématique énoncée.

 

Un Œdipe au féminin
Théorisé par JUNG,  l’Electre fait référence à cet amour que les filles ressentent pour leurs pères. Tandis que le complexe d’Œdipe, théorisé par Freud, indique ce même amour, mais des garçons envers leurs mères. Soulignons qu’Electre et Œdipe, sont deux concepts désignant exactement la même période dans le développement de l’enfant.  Notons également que la très forte connotation sexuelle soulevée dans le travail de Freud a depuis, été, fortement contestées par de nombreux  psychanalystes. 

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