Tous unis contre le travail illégal des petites bonnes

by Wissal FARIS 0

Le 3 octobre dernier, la loi 19-12 sur le travail des mineurs entrait en application. Le 10 octobre, l’association Insaf organisait une grande conférence de presse afin d’encourager toutes et tous à communiquer sur cette loi et sur les risques encourus par les employeurs. Rencontre avec Meriem Othmani, la très militante présidente d’Insaf.

 

 

Si l’employeur refuse de la rendre à ses parents, chacun peut prévenir la police afin que la loi soit respectée.

 

Pourquoi Insaf s’est-elle engagée dans cette campagne de diffusion de l’article 23?
Suite à la parution de la loi 19 -12, nous avons réalisé avec bonheur que l’article 23 allait nous permettre de libérer des milliers de petites bonnes. Avant, nous ne pouvions que nous indigner devant cette terrible injustice. Maintenant, nous avons un outil pour agir et l’Etat s’est donné le moyen de sévir.

Qu’est-ce que chaque citoyen peut faire concrètement?
Chaque citoyen peut prévenir les employeurs des sanctions qu’ils risquent s’ils ne raccompagnent pas, chez elle, la petite bonne qu’ils emploient. Si l’employeur refuse de la rendre à ses parents, chacun peut prévenir la police afin que la loi soit respectée. En fait, nous lançons une grande campagne de diffusion de l’information sur les peines prévues dans l’article 23 de la loi 19-12. Le htag #Ila_Mahchmnach_Nkhafou et des messages vont être diffusés tous azimuts à travers les réseaux sociaux.
Qu’est-ce qu’un employeur de petite bonne risque désormais?
Il risque une amende de 25.000 à 30.000 dirhams, le double en cas de récidive, soit 50.000 à 60.000 dirhams, en plus d’un à trois mois de prison.

Que faites-vous quand vous sortez une petite bonne d’une maison où elle était employée?
Nous la réintégrons dans sa famille pour qu’elle puisse retourner à l’école. C’est là qu’elle doit être et c’est comme cela qu’elle pourra se préparer un avenir.

Pouvez-vous évoquer brièvement quelques “success stories”?
Insaf a pu sauver plus de 400 petites bonnes La dernière petite fille récupérée avait 8 ans et c’est son instituteur qui nous l’avait signalée. Elle est maintenant chez elle et part tous les jours à l’école. Le programme Insaf que j’ai créé en 2002 était basé sur le retour dans la famille de la petite bonne et nous avons aidé ces familles en versant chaque mois 250 dirhams et en achetant des fournitures scolaires.
S’il le faut, nous prenons en charge la mise à niveau des fillettes en leur donnant des cours de soutien. Et quand elles arrivent au collège, nous les plaçons dans des foyers. La prise en charge dure plus de 10 ans.

Quelles sont les entités qui se sont déjà engagées à transmettre l’article 23?
Des banques comme la BMCI, la Société Générale et le Crédit du Maroc ont accepté de demander à leurs collaborateurs de transférer le htag et le message d’information à leurs amis personnels via les réseaux sociaux.
Nous sommes en train de finaliser l’accord avec d’autres banques, avec l’ONEE et avec d’autres grandes entités privées et publiques.
A titre d’exemple, nous attendons la réponse du Secrétaire Général du Ministère de l’Education Nationale pour pouvoir toucher 300.000 fonctionnaires. D’autres ministères suivront. Des réseaux d’associations sont prêts à nous servir de relais.
Avec l’engagement de toutes et tous, ce sont des milliers de petites bonnes que nous pouvons libérer.

 

Faites partie de la chaîne
#Ila_Mahchmnach_Nkhafou
Faites passer le message :
Selon la loi 19-12, article 23, employer une petite bonne mineure est passible de prison.
Informons les employeurs et libérons des milliers de petites filles d’un travail illégal.

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