L’orthognathie, késako?

by Mélanie WILMS 0

Se consacrant au traitement des malformations congénitales ou acquises des mandibules et maxillaires, cette discipline permet notamment de remédier à un mauvais alignement des dents, à certains troubles fonctionnels voire à une altération certaine de l’harmonie du visage. Avec le docteur Aziz Mekouar, chirurgien dentaire, on tente de les décrire afin de pouvoir mieux les appréhender et intervenir au plus tôt.

 

 

«C’est au professeur Delaire, référence incontestée en termes d’orthodontie et d’orthognathie, que nous devons le concept d’architecture faciale. C’est en effet le maintien optimal de piliers, d’arcs et de voûtes les uns avec les autres qui assure l’harmonie aussi bien dentaire que faciale.»

 

Un équilibre architectural fragile
Masses osseuses où sont implantées les dents, les maxillaires supérieur et inférieur doivent être positionnés harmonieusement pour que soit préservé l’équilibre bucco-dentaire. Garant de l’esthétisme mais surtout de paramètres fonctionnels et physiologiques, cette relation codifiée entre les maxillaires supérieur et inférieur, est en outre dirigée par la langue et les muscles externes que sont les joues et les lèvres. Tout déséquilibre de cette physiologie musculaire a immanquablement un impact sur la position des dents autant que sur celle de leur support. A titre d’exemple, un enfant naissant sans langue ou avec une langue trop petite aura automatiquement des défauts de développement de ses maxillaires. Autre cas de figure, un sujet n’ayant pas transformé sa déglutition infantile (mettre sa langue entre les arcades du haut et du bas sans dent) en une déglutition adulte (serrer les dents et avaler sa salive) connaîtra une insuffisance de développement du maxillaire supérieure qui engendrera la proéminence de la mâchoire du bas. De sérieuses dysmorphies peuvent être observées et engendrer des troubles esthétiques ou d’intégration sociale. Ces déformations ont, en outre, des incidences sur toutes les fonctions buccales : un manque de justesse au niveau de la phonation, un défaut de mastication et par conséquent des troubles alimentaires. Avec l’âge, ils peuvent également entraîner des douleurs importantes au niveau de l’articulation temporo-mandibulaire.

Une intervention précoce
Certaines malformations, lorsqu’elles sont héréditaires, ont tendance à être intégrées par l’entourage comme un signe distinctif familial plutôt que comme une réelle anomalie qu’il conviendrait de traiter. Notons que si les actes chirurgicaux ne peuvent se pratiquer qu’à la fin de la croissance, quelques actions peuvent être entreprises afin d’enrayer le phénomène. Soulignons également que, lors d’une consultation chez le pédiatre, la respiration et la fonction linguale peuvent être vérifiées. Afin d’éviter tout risque de malformation, le positionnement de la tétine du biberon voire même celui du sein maternel devrait également être abordé. Enfin, il est recommandé de débuter les consultations chez le dentiste dès l’âge de 2 ans afin de s’assurer régulièrement du bon déroulé du développement des mâchoires.

 

Une rééducation possible   
En cas d’anomalie, l’orthophoniste peut intervenir tôt afin de rééduquer la fonction linguale, notamment en cas de déglutition archaïque, de même que la respiration. Notons en effet qu’une altération de la respiration nasale peut, elle aussi, entraîner un hypodéveloppement du maxillaire et par conséquent l’avancée de la mandibule.   

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