La chirurgie : une réponse à la mésestime?

by Mélanie WILMS 0

Avec Zineb Belkhayat, psychologue clinicienne et psychothérapeute, on tente de souligner ô combien, il est important de prendre en considération le volet psychologique dans le cadre de la chirurgie plastique et ce, avant et après l’intervention.

 

 

«Sans même pouvoir le savoir ou l’admettre, nous portons tous en nous le fantasme inconscient d’une enveloppe charnelle irréprochable.»

 

Dès l’adolescence, apparaît une quête identitaire visant à la reconnaissance et à l’appartenance sur le plan social. L’image de soi «visuelle» se décrypte en fonction de son contexte socio-psychologique, de ses valeurs fondamentales, de ses représentations et de ses constructions psychologiques propres. L’acceptation ou non de son image corporelle impacte l’estime de soi, la confiance en soi et l’affirmation de soi. Qu’il s’agisse de chirurgie esthétique ou réparatrice, l’acte chirurgical, en corrigeant les imperfections, peut dès lors, mettre fin à un véritable mal-être quotidien.

Une mise au point nécessaire
En amont de toute intervention plastique, un diagnostic approfondi des attentes et des antécédents de la personne est fortement recommandé. Il assure notamment que la demande du patient ne relève pas d’un trouble identitaire. Quant au patient, il est important qu’il s’engage dans un processus de réflexion et d’introspection. Son consentement devant se fonder sur une évaluation des risques physiques et psychiques de la chirurgie, mais également sur les avantages attendus.

Entre effets positifs et séquelles psychologiques
Des études ont démontré que la plupart des personnes ayant eu recours à la chirurgie plastique (esthétique ou réparatrice) ont recouvré une meilleure estime de soi et in fine ont accédé à une meilleure qualité de vie. Observés chez les personnes ayant fortement souhaité l’intervention, ces effets psychologiques positifs ne sont toutefois pas les seuls devant être examinés. En effet, il convient de ne pas taire les risques de séquelles psychologiques que ce type d’intervention peut engendrer. Le simple fait d’avoir changé d’apparence et, par la même, d’identité physique peut provoquer chez certains un profond mal-être. Ainsi, des symptômes de dépression postopératoires peuvent apparaître chez le patient que le résultat lui plaise ou non. Dans le cas de l’insatisfaction, un profond sentiment de «c’était mieux avant» peut s’installer et, de ce fait, aggraver le mal-être antérieur. Par contre, si le résultat plaît et que le malaise persiste, il faut chercher la raison de ces troubles en se concentrant principalement sur la cause de ce changement physique et non plus seulement sur le résultat obtenu. Il s’agit alors d’explorer les éventuelles blessures et vulnérabilités personnelles pouvant se cacher derrière ce désir de changement d’apparence.

 

Une addiction à la beauté!     
– Conditionné par les normes sociales actuelles prônant le paraître, le désir de «perfection» crée une étroite liaison entre la forme (l’apparence) et le fond (ce que l’on est réellement) pouvant aller jusqu’à une totale confusion.        

– Inatteignable, cette quête de perfection conduit à des interventions chirurgicales à répétition qui, à chaque fois, sont sous-tendues par l’espoir de trouver une réassurance et une sécurité interne.                                

!! Dans certains cas, il peut s’agir de dysmorphophobie, c’est-à-dire la peur phobique d’un défaut de l’apparence, accompagnée d’une détresse psychologique importante.

Leave a Reply

Your email address will not be published.

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>