L’animal de compagnie, plus qu’un partenaire de jeu?

by Mélanie WILMS 0

Parce qu’adopter un animal peut véritablement impacter la vie de l’enfant, avec Assma Elkhalfi, psychologue et psychothérapeute, on tente de savoir quels sont plus précisément les avantages de l’arrivée de ce compagnon à la maison. On s’interroge également sur les précautions à prendre afin que l’adoption se passe au mieux.

 

 

«L’enfant considère son animal comme son compagnon de jeu mais aussi comme son confident et son protecteur»

 

 

Un stimuli au quotidien
Partageant de nombreux moments avec l’enfant, l’animal de compagnie stimule tout en douceur son développement cognitif, langagier, relationnel, comportemental, émotionnel et affectif.  Si l’animal a tendance à rechercher en permanence des signes d’affection, il témoigne de la sienne à grand renfort de manifestations affiliatives – ronronnements, battements de queue, léchages, etc. qui nourrissent l’imaginaire et la créativité de l’enfant.
Au contraire de l’adulte qui regarde le plus souvent vers le passé ou qui s’intéresse à ce qui va se passer dans le futur, l’enfant aux côtés de son animal de compagnie va être dans l’expérimentation du présent. La présence de l’animal étant un stimulateur sensoriel,  il va permettre à l’enfant de développer un sens aigu de l’observation. Avec son compagnon, le bambin va également tenter  d’établir plusieurs modalités de communication – vocalisation, mot, etc. Enfin, soulignons que la présence d’un animal de compagnie aiderait l’enfant à mieux se préparer à entrer en relation avec l’autre en lui permettant, notamment d’acquérir des notions fondamentales comme le respect des limites, le sens des responsabilités ainsi que le partage.

Un intermédiaire appréciable
Le contact avec l’animal  va agir sur l’estime de soi et l’empathie de l’enfant.  Il va, en outre, favoriser l’expression de ses émotions. L’enfant aura ainsi tendance à se confier aisément à son animal qui, à ses yeux, est un compagnon dont l’affection est durable et sable. Contrairement aux adultes dont le comportement varie avec le contexte, l’animal ne renvoie pas de jugement. Toutefois, lorsqu’est observée une confidentialité exacerbée avec l’animal, le parent se doit d’intervenir en rappelant à son enfant qu’il est à son écoute et que son compagnon ne peut pas tout comprendre, du fait de son statut d’animal.
Par ailleurs, notons que quel que soit le compagnon (chien, chat, cochon d’inde, oiseau), il peut ponctuellement servir d’intermédiaire entre l’enfant et l’adulte. Parent et même thérapeute peuvent, en s’adressant à l’animal, capter ou retenir l’attention du bambin voire lui faire passer des messages.
Véritable source d’apaisement, soulignons que l’animal sera d’autant plus utile auprès d’enfants autistes, timides ou hyperactifs.

 

Une réflexion approfondie      
– Avant l’adoption :
•  Primordial de s’assurer que la demande d’adoption d’un animal n’est pas qu’une simple lubie – quelques petits défis peuvent permettre aux parents d’estimer l’envie et la capacité de l’enfant à s’occuper durablement de son compagnon.
• Essentiel d’aborder la question de l’espérance de vie de l’animal choisi. Ex. un cochon d’Inde a une durée de vie limitée ; l’enfant doit en avoir conscience.
• Préparer l’enfant à la question de la maladie, de la mort ou d’une éventuelle fuite de son compagnon permet de limiter l’impact de la perte et de contrer les dangers de l’hyper attachement  – échec scolaire, refus de manger, maladies, etc.
– Après la perte de l’animal
• Important d’être clair, vrai et authentique en se mettant à son niveau (mots simples) pour lui annoncer la perte de son compagnon.

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