L’orthopédagogie, késako?

by La Rédaction 0

Avec Mina Albarka, orthopédagogue, on tente d’en savoir un peu plus sur cette discipline encore peu connue au Royaume. Forte d’une solide expérience de 22 ans auprès d’élèves de primaire et collège d’écoles publiques du Québec, complétée aujourd’hui par des interventions à l’AMTDA (Association Marocaine des Troubles et Difficultés d’Apprentissage) ainsi que dans le privé, elle sensibilise les différents acteurs éducatifs et pédagogiques aux spécificités de cette spécialité.

 

 

«L’orthopédagogie est une science de l’éducation dont l’objet est l’évaluation et l’intervention relatives aux personnes présentant des difficultés d’apprentissage scolaire, incluant les troubles d’apprentissage et le TDAH. Sa pratique prend appui sur la recherche en orthodidactique, en didactique, en pédagogie et en sciences cognitives.»

 

De nos jours, l’évaluation des difficultés scolaires que peuvent rencontrer les enfants ou les adolescents, de même que l’intervention à proprement parler ne sont plus cloisonnées. Elles se font en étroite collaboration entre différents professionnels : Orthopédagogue, orthophoniste, psychologue scolaire, ergothérapeute, neuropsychologue, etc.

Une distinction de taille
Même si on a encore trop souvent tendance à assimiler les notions de difficultés et de trouble d’apprentissage, chacune possède ses caractéristiques propres. Temporaires et circonstancielles, les difficultés d’apprentissage se présentent comme des obstacles qui, soumis à une intervention adéquate, peuvent se dissiper rapidement. Elles peuvent découler de plusieurs facteurs comme l’anxiété, le style d’enseignement ou encore une situation socio-économique et familiale difficile. Notons que l’enfant pourra plus tard être confronté à d’autres difficultés mais toujours de manières sporadiques. Les troubles d’apprentissage sont, quant à eux, persistants et permanents, et se caractérisent par une difficulté à traiter les informations (récupération, restitution). Ils peuvent découler de la dyslexie, la dysorthographie, la dysphasie, la dyspraxie, la dyscalculie, du déficit d’attention (avec ou sans hyperactivité). Rappelons toutefois que ces troubles sont indépendants de l’intelligence ou de la motivation.

Une intervention ciblée
Plusieurs études ont démontré que la conception que les élèves se font de la lecture au préscolaire est un bon indice de la réussite en lecture à la fin de la 1re année. Ceci souligne l’importance de la prévention et de l’intervention rapide et ce, dès les premières difficultés. Constituant les premières actions pour soutenir la réussite scolaire, le dépistage et l’intervention précoces permettent aux élèves d’atteindre des niveaux satisfaisants en lecture. Cela aura une influence majeure sur leur motivation scolaire.

 

Des visées préventives ou rééducatives de nature correctives ou compensatoires       
– Dépistage, identification et évaluation des difficultés et des troubles d’apprentissage scolaire dans le domaine du langage parlé et écrit, du raisonnement logico-mathématique et du développement psychomoteur.
– Assistance de l’enseignant quant à ses interventions pédagogiques lorsque l’apprenant manifeste des difficultés d’apprentissage.
– Apprentissage en groupe ou en individuel, à lire, à écrire et à raisonner au moyen de techniques spécifique à l’orthopédagogie.
– Encadrement du milieu familial en leur fournissant un support éducatif.

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